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Fish Tank : comment sortir de l'aquarium ?







Voilà, ça y est, je l'ai vu. Merci à ceux qui me l'avaient recommandé, effectivement, Fish Tank est un super film. C'est donc ce que l'on pourrait appeler un "drame social", de la même veine que les films de Loach. Réalisé par la réalisatrice et scénariste Britannique Andrea Arnold, ce film avait remporté le Prix du Jury au Festival de Cannes 2009.

Fish Tank dresse donc le portrait d'une jeune ado, Mia (la très prometteuse Katie Jarvis). La jeune fille vit avec sa mère et sa petite soeur dans une cité hlm qui, comme on peut l'imaginer, pue la misère et l'ennui.  Mais Mia a un moyen pour s'évader : la danse hip-hop, sa passion. Seulement, "l'évasion" ne dure jamais très longtemps, et la réalité est toujours là pour la/nous rattraper. 
La rencontre avec le nouveau copain de sa mère, Connor (L'Irlandais Michael Fassbender, qui a joué récemment dans X-Men : le Commencement -je me disais bien que je l'avais vu quelque part celui-là !-) va chambouler sa vie. Très vite, une relation particulière s'installe entre les deux personnages.

Ce que j'aime dans ce genre de films, c'est qu'on prend le temps de nous montrer les choses. Le rythme est  assez lent, et c'est tant mieux. Et puis ici on ne nous assomme pas avec des dialogues à n'en plus finir. 
A presque aucun moment la caméra ne lâche notre héroïne, on suit cette fille de bout en bout, et on finit par avoir l'impression de la connaître. C'est très immersif. 

De la même réalisatrice, il paraît qu'il faut voir aussi Red Road (également Prix du Jury à Cannes 2006) .

N.B : à voir en vo, évidemment ;  l'accent est authentique !

Un petit mot sur Ken Loach, le maître du réalisme social



J'ai découvert Ken Loach au ciné-club de Pézenas, en 2003, avec Just a kiss. Ce film raconte la rencontre entre une jeune prof de musique irlandaise catholique et un jeune homme émigré pakistanais issu d'une famille de musulmans pratiquants. Si le film parle d'amour, il traite aussi de la religion, du poids des traditions, de la rencontre de deux cultures. Je le recommande vivement.

Le cinéma de Ken Loach est presque toujours un cinéma militant. Connu pour son engagement politique, sans surprise très à gauche (il a d'ailleurs soutenu de nombreuses fois les candidats français à la présidentielle  des partis d'extrême gauche, comme notre chère Arlette à la lutte ouvrière), Ken Loach a toujours exprimé sa sympathie pour les classes ouvrières et les milieux modestes, son père étant lui-même travailleur à l'usine. Et c'est véritablement avec lui que j'ai découvert le drame social (je garde d'ailleurs un excellent souvenir de Sweet sixteen).

En 2005, je suis allée voir Le vent se lève, le film à la palme d'or. A la fin de la séance, j'étais complètement vidée. C'est un film très dur et émouvant. Il offre donc le point de vue d'un britannique sur la guerre d'indépendance en Irlande, qui se place manifestement du côté des irlandais, en dénonçant de façon violente mais sûrement très réaliste, l'occupation anglaise.

Je n'ai pas vu It's a free world, sorti en 2008, comme bien d'autres d'ailleurs. Ken Loach a pondu presque trente films ..

Enfin, dans des registres similaires, on peut trouver le très chouette This is England, de Shane Meadows, découvert il y a peu pour moi, et qui m'a vraiment convaincue. Thomas Turgoose, l'acteur principal, est bluffant. 
Il y a encore le poignant Bloody Sunday de Paul Greengrass, qui retrace l'histoire de cette marche pacifique pour l'égalité des droits entre les catholiques et les protestants en Irlande qui tourne au drame.