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Coco Chanel (mini-série)






Mini-série en deux épisodes découverte sur Arte en ce lundi de Pâques, le biopic Coco Chanel de Christian Duguay est une réussite. 
La talentueuse modiste française est ici interprétée avec brio tantôt par Barbora Bobulova (Chanel jeune), tantôt par Shirley MacLaine (Chanel âgée) - laquelle fut d'ailleurs nominée à trois reprises pour ce rôle en 2008 (Screen Actors Guild Awards, Golden Globes, Emmy Awards). 

Shirley MacLaine - Coco Chanel

L'histoire s'ouvre sur la présentation d'une collection de Chanel au crépuscule de sa vie qui s'avère être un terrible fiasco. Après dix ans d'absence, la célèbre styliste a en effet du mal à retrouver son public. Mais loin d'être abattue par cet échec, Chanel se lance dans la composition de nouveaux modèles. La préparation de cette seconde collection est donc le fil conducteur des deux volets, même si de nombreux flashback - comme autant de souvenirs de jeunesse - sont régulièrement introduits dans la série, jusqu'à même parfois prendre le pas sur son temps présent.
Parmi ces souvenirs, l'entrée de Gabrielle Chanel à l'orphelinat suite au décès de sa mère, où elle passera toute son adolescence. Mais aussi; son premier emploi de couturière, ses premières amours, ses drames, ses premiers succès, son amitié avec sa tante Adrienne... 
Christian Duguay dépeint également cette grande dame à travers quelques anecdotes des plus touchantes : Coco aurait ainsi créé la petite robe noire suite au décès de Boy Capel, le grand amour de sa vie. La célèbre robe ne serait alors à l'origine rien d'autre qu'une tenue de deuil...
Au-delà des personnages et de la construction narrative, les décors et les costumes sont également très aboutis. Cette mini-série est un petit bijou, tout simplement. A voir absolument !

La Conquête







La Conquête, ou l'histoire d'un homme sans conviction aucune dont le seul objectif est d'accéder à l'Elysée.

Le film de Xavier Durringer (2011) retrace donc la montée de Sarkozy au pouvoir, aux côtés de Cécilia, depuis son poste de Ministre de l'Intérieur sous Chirac à sa victoire aux présidentielles en 2007, en passant par sa nomination à la tête du parti de l'UMP ... d'ailleurs grandement soutenue par Bernadette Chirac - c'est du moins ce qui est mis en évidence dans le film - (Et je félicite au passage celui ou celle qui s'est occupé(e) du brushing de Michèle Moretti )



En cherchant à imiter au maximum les personnalités politiques qu'ils incarnent, les acteurs ne sont parfois pas bien loin de faire sombrer le film dans la caricature. Et c'est le problème majeur de La Conquête ; les personnages sont ainsi singés, plus que copiés. Au milieu de cette panoplie de marionnettes, Denis Podalydès, fort heureusement, ne s'en sort pas trop mal. Il faut dire que le personnage qu'il campe, le (futur) Président de la République, est à lui seul, déjà, une (sorte de) caricature. Il faut donc admettre ici une assez bonne performance, qui marque d'ailleurs l'intérêt principal du film. Son interprétation reflète sans doute un énorme travail d'écoute et de répétition pour trouver et retransmettre le bon ton, le bon débit de parole, les bons gestes, tics de langage, etc, de Sarkozy. La ressemblance est d'ailleurs parfois troublante.
Quant aux scènes purement inventées, à savoir, par exemple, celles censées représenter des bribes de la vie intime de Sarkozy (les coups de fil à Cécilia pour "rattraper" son coup de gueule de la veille, les disputes à la maison, etc), eh bien, pour le coup, on n'y croit pas du tout. L'entremêlement de la reconstitution de faits (Podalydès reprend donc les discours officiels de Sarkozy à la respiration près) et de la fiction ne réussit pas ici, c'est certain.  Et le film, souvent, ennuie.

Mais il faut reconnaître que raconter l'accès au pouvoir d'un Président toujours en fonction n'est pas un exercice facile. Manque de recul, auto-censure, peut-être ? On aurait souhaité que Durringer se mouille un peu plus pour nous offrir une vision plus originale, plus "dynamique", plus piquante ... de cette ascension.
On notera tout de même un léger effort sur certaines répliques (gentiment) crues, la meilleure restant peut-être : "Je vais le niquer ce gros con" (Sarkozy à Cécilia, au sujet de Chirac).

Biopics

La sortie de La Conquête (que je n'ai pas encore vu) m'a rappelé que le cinéma savait aussi parfois manier le genre du film "biographique" avec beaucoup de style. L'exemple de La Conquête est d'ailleurs mal choisi, car il semblerait que ce film soit plutôt d'abord toute autre chose qu'un biopic (voir article http://www.telerama.fr/cinema/la-conquete,68911.php).

Enfin, tout ça pour dire que j'ai, parmi mes films préférés, quelques biopics en tête, que voici, en vrac:

  • Harvey Milk (Gus Van Sant avec Sean Penn)
  • Ray (Taylor Hackford avec Jamie Foxx)
  • Nowhere Boy (sur John Lennon, avec le très prometteur Aaron Johnson - qui porte bien son nom pour le coup !!)
  • Molière (version d'Ariane Mnouchkine de préférence, mais le film de Laurent Tirard avec Romain Duris se regarde aussi très bien)
  • Amadeus, bien évidemment (Milos Forman)
  • Le discours d'un Roi (avec Colin Firth)
  • Walk the line (sur Johnny Cash, avec Joaquin Phoenix)
  • Frida (Julie Taymor, avec Salma Hayek et Alfred Molina, bluffant dans la peau de Diego Rivera)
  • Le dernier roi d'Ecosse, avec Forest Whitaker et James MacAvoy
  • Carnets de voyage (Walter Salles, avec Gael Garcia Bernal dans le rôle d'Ernesto Guevara) - on notera au passage une sublime bande originale...
  • Jane, avec Anne Hathaway et James MacAvoy (again). Le film n'est pas époustouflant, mais je ne pouvais pas ne pas le voir : il parle de Jane Austen !
  • Les Enfants du Siècle (Diane Kurys, avec Juliette Binoche et Benoît Magimel alias George Sand et Alfred de Musset)