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Fright Night






A voir la bande-annonce, on s'attend à un mauvais film d'horreur pour ado mettant en scène de jeunes benêts en chaleur pris dans une banale intrigue fantastique. D'autant plus que le film parle de vampires. Aïe. Un sujet à la mode dans un teen-movie américain, ça fait peut-être un peu beaucoup...
Mais finalement, c'est plutôt une bonne surprise. Le vampire en question est un grand méchant suceur de sang qui dévore, nuit après nuit, les habitants d'une petite ville isolée du désert de Mojave, non loin de Las Vegas.  Colin Farrell, qui campe notre vampire, est - comme toujours - incroyablement bon dans son rôle. Et le personnage fait froid dans le dos, malgré son physique de mi-jeune premier mi-bad boy, et son goût prononcé pour les granny smith...

Fright Night joue avec les codes bien connus du genre : un jeune homme un peu paumé, Charlie, qui a renoncé à ses habitudes geek et à son meilleur ami un peu désaxé (Christopher Mintz-Plasse, vu dans Superbad) pour pouvoir sortir avec la belle blonde du lycée, se voit devenir le héros d'une dangereuse et épique chasse aux monstres, combattant courageusement pour sauver sa dame (et sa peau). Les personnages ne jouissent pas d'une profondeur psychologique extrême, certes, mais on s'en contente ici largement.
En bref, Craig Gillespie nous sert là un bon divertissement qui mêle habilement et sans lourdeur, l'horreur et la comédie.
A noter que l'on retrouve également Toni Collette, la mère déjantée de Little Miss Sunshine, dans le rôle de la mère de Charlie.

Prometheus : ratage réussi !






Dernière réalisation de Ridley Scott, Prometheus est plutôt décevant.

Si sur le plan visuel, tout est parfaitement maîtrisé - le réalisateur de Blade Runner donne à voir des décors splendides, des landes écossaises de l'Ile de Skye aux paysages arides et rocailleux de la Planète LV-426 -, le film se disperse dans de multiples sujets, posant beaucoup de questions, sans apporter vraiment de réponses. Rien de sensationnel par exemple sur la question des origines de l'homme - a priori centrale dans le film - : Prometheus livre bien l'identité d'un créateur, mais ne répond toujours pas au "pourquoi" (ni au "pour quoi" d'ailleurs). Pire, le créateur en question préfère finalement nous détruire (tout compte fait), et là encore, on ne sait pas pourquoi. A moins que l'homme n'ait été créé que pour être détruit. Une sorte de cobaye pour expérimenter une arme bactériologique, par exemple ?! La solution réside peut-être dans les 30 minutes de scènes coupées contenues dans le Blu-Ray du film, qui sait ...

On note que Prometheus comprend de nombreuses similitudes avec le Alien de 1979, du même réalisateur. Par exemple, le rôle de l'androïde dans chacun des films est plus ou moins le même :  c'est toujours un peu lui qui cause le boxon. Sauf que dans Alien, on sait pourquoi Ash agit dans "ce" sens. Il a des ordres, il est programmé pour. Mais dans Prometheus, encore une fois, on ne sait pas trop.  Curiosité malsaine, sadisme associé à un goût prononcé pour les expériences scientifiques ? Pour un robot, avouez que c'est un peu bizarre, non ?

Michael Fassbender, dans la peau de David, l'androïde de l'équipage

Par ailleurs, la scène d'ouverture reste pour moi un grand mystère. Alors, bien sûr, on peut faire certaines suppositions...  Et voilà le problème majeur d'un film au scénario trop peu solide : on ne peut faire au bout du compte que des hypothèses, et les questions restent toujours en suspens. Faut-il le cerveau d'un de ces "voyageurs" pour saisir ce film ?

A cela s'ajoutent quelques incohérences particulièrement agaçantes, comme l'histoire du géologue, qui trouve le moyen de se perdre lors de la première excursion sur la Planète LV-426, alors que :
1-  Il est censé être en charge de la reconnaissance de la topologie des lieux. C'est un gé-o-lo-gue, non?
2 - Il est également censé être en contact direct avec le pilote du vaisseau, qui a sous les yeux une super carte holographique de l'endroit, et sait exactement ce que voit le bonhomme via une vidéo retransmise sur un écran posté face à lui (et visiblement il n'est pas aveugle).

Et ne parlons pas de l'allure des personnages à bord du vaisseau, qui serait tout à fait raisonnable, si ceux-ci ne portaient pas des tongs en caoutchouc en guise de chaussures. Oui, oui, j'ai bien dit des tongs.

Enfin, hormis ces divagations narratives et ce petit problème de style vestimentaire, l'angoisse est toujours là. Je pense notamment à cette scène de tension extrême, où l'héroïne lutte pour s'arracher un foetus d'alien qui grossit à vue d'oeil dans son ventre et menace à tout moment de le faire exploser. 

En bref, Prometheus est une sorte d'Alien, en beaucoup, beaucoup, beaucoup... (10 puissance 1 000 000) moins bien. 

Tucker & Dale vs Evil : un weekend mouvementé !






On s'imagine bien que "Tucker & Dale vs Evil" (et rassurez-vous, le titre est pire encore en version française : "Tucker & Dale fightent le mal" ), ça ne va pas être le film du siècle. Ceci dit, cette comédie horrifique, première réalisation d'Eli Craig,  est finalement une très bonne surprise.
Dans la lignée des parodies d'horreurs (Zombieland, Le Bal des Vampires, Mars Attacks... pour ne citer que celles-ci), le réalisateur s'amuse à détourner les codes du cinéma d'épouvante. Et il le fait, je dois l'admettre, avec un talent certain.


Le film met donc en scène deux amis, Tucker et Dale, partis passer quelques jours de vacances en forêt dans l'ancienne maison d'un serial-killer, qu'ils ont achetée pour une poignée de cacahuètes. Par malchance, un groupe d'étudiants a également décidé de venir camper dans le coin... En effet, suite à un quiproquo malheureux, envenimé par l'imagination délirante des uns, et l'instinct meurtrier d'un autre -oui, quand même, on l'a, notre vrai psychopathe-, les deux amis se retrouvent rapidement pris pour cible par nos jeunes campeurs. 

Le mélange horreur-comique fonctionne encore une fois très bien. Le film est bien rythmé, l'histoire bien écrite - pas de suspense à gogo, mais des personnages accrocheurs et qui tiennent la route - et le gore, évidemment surdosé, ajoute à l'extravagance de la situation. A voir !

Devil : tout est dans le titre






Un film d'horreur, ça ?! Un film HORRIBLE, oui. 

John Erick Dowdle n'a définitivement pas réussi à me convaincre. Les personnages sont fades, l'atmosphère peu prenante. Le spectateur est sans cesse contraint de naviguer entre deux espaces : celui des témoins du crime (agents de sécurité, inspecteur de police, etc) et celui des victimes mêmes du crime, à savoir, un certain ascenseur 6 bloqué au 6e étage d'un grand building de Philadelphie (oh, comme c'est étrange, que des "6"... à noter d'ailleurs que, 5 personnes + le diable = 6 également. Bien, on arrive à notre fameux 666).



En outre, étant donné qu'on ne nous révèle l'identité du "diable" qu'à la fin (encore heureux, vous me direz) et qu'on ne sait donc pas qui est le véritable coupable, on ne peut s'identifier à aucun des personnages de l'ascenseur. Et les personnages censés jouer les "témoins" n'ont pas assez de profondeur pour que l'on puisse s'y identifier à un quelconque moment. Pas d'identification, une raison de plus pour que cela ne prenne pas. C'est bien simple : on ne ressent rien. Le film est donc plutôt ennuyeux, pour ne pas dire autre chose...

Les "crimes" se succèdent, sans grand étonnement - c'est le principe, expliqué dès le début du film -, la seule intrigue tournant autour de l'identité du diable : qui est-il ? quel corps a-t-il choisi pour opérer ? etc. Bien sûr, c'est celui auquel on s'attend le moins, et le spectateur "doit" ainsi suspecter tous les personnages, tour à tour. 

Pourtant, avec un générique en caméra inversée, le film partait plutôt bien. D'autant plus qu'il était bien indiqué : "d'après une idée originale de M. Night Shyamalan"... Oui, enfin,  il aurait peut-être fallu que celui-ci le réalise (ou du moins, le scénarise - il faut savoir effectivement, que le scénariste de Devil, Brian Nelson, est également le scénariste de la saison 4 de Loïs & Clark, ce qui n'est pas vraiment la saison la plus palpitante de la série) pour que l'on nous serve quelque chose de réellement intéressant.
Mais bon, un point positif pour terminer quand même : Devil a l'avantage d'être assez court ;  il ne dure seulement qu'une heure vingt. Oui, oui, 1h20.

Ah, j'oubliais : le film compte un narrateur, mais un narrateur inconnu. Il y a aussi un certain Ramirez, un mexicain très croyant - je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il y a très souvent un mexicain très croyant qui s'appelle Ramirez dans les films américains- face à un flic incrédule qu'il faut donc tenter de convaincre...

Stephen King au cinéma : Misery & Dolores Claiborne





  • Misery de Rob Reiner (sorti au cinéma en 1990) a valu à l'actrice principale, Kathy Bates, l'oscar de la meilleure actrice. 


Misery met en scène un écrivain à succès, Paul Sheldon (brillamment interprété par James Caan - aperçu notamment dans le Dogville de Lars Von Trier-), qui, suite à un accident de voiture, est sauvé par l'une de ses plus ferventes admiratrices (mais aussi certainement l'une de ses plus dangereuses!), Annie Wilkes. Infirmière à la retraite, Annie (Kathy Bates) décide de ramener notre homme chez elle et d'aménager l'une de ses pièces en chambre d'hôpital... Cloué au lit, les jambes et les côtes cassées, le romancier devient donc le prisonnier de sa "plus fervente admiratrice", ainsi que la proie de ses accès de fureur et de ses crises de folie, la chambre "d'hôpital" se transformant de cette façon rapidement en salle de tortures, tant physiques que psychologiques...

Rob Reiner réalise ainsi un film d'épouvante digne des Hitchcock que nous connaissons :  le spectateur se retrouve véritablement confronté aux angoisses de la victime, à laquelle il s'est parfaitement bien identifié. Nous sommes donc plongés dans un environnement oppressant, où nous suivons, petit à petit, le combat de Paul Sheldon pour sa survie. Le suspense est là : la situation est instable pendant presque toute la durée du film, et jusqu'aux derniers instants, on ne sait pas, qui d'Annie, ou de Sheldon, va l'emporter. (A moins d'avoir déjà lu le roman de Stephen King, mais cela n'empêche pas de voir le film non plus ! L'atmosphère est sans aucun doute toujours aussi prenante...)





  • Dolores Claiborne de Taylor Hackford (réalisateur du biopic Ray), sorti au cinéma en 1995, avec Kathy Bates dans le rôle de Dolores.
Alors que Dolores Claiborne est accusée d'avoir tué sa patronne -Vera Donovan- elle doit également faire face à la venue de sa fille, Selena, qu'elle n'a pas vu depuis quinze ans, et qui la croît également coupable de la mort de son père. Une situation qui permet de faire resurgir de nombreux souvenirs, et de révéler le portrait de la mystérieuse Dolores Claiborne, au passé particulièrement sombre et douloureux. 
Toujours aussi absorbant, le film est également très émouvant. A voir !


The House of the Devil








The House of the Devil raconte l'histoire d'une jeune étudiante en galère qui n'a même pas de quoi se payer son premier loyer (mais c'était ça ou continuer à partager une chambre de 12 m2 mal éclairée avec une fille sale et mal élevée, qui passe son temps à dormir en ronflant très fort quand elle ne fait pas l'amour avec son gars). Prête à tout donc pour se faire un peu d'argent, la jeune fille (au doux prénom de Samantha) accepte de se perdre en pleine cambrousse pour garder un bébé qui n'existe pas. 

Avis plutôt mitigé pour ce film d'horreur réalisé par Ti West (je crois qu'il n'a d'ailleurs jamais fait autre chose que des films d'horreur). Dès le début, The House of the Devil nous plonge dans l'univers des années 80 : pas seulement sur le plan des décors, des costumes ou des coiffures, car Ti West réalise aussi à la façon "années 80" : générique kitschou avec arrêts sur images et crédits en jaune orangé, zooms saccadés sur les visages des acteurs, etc. L'illusion est parfaite. On oublie vraiment qu'on a affaire à une production qui date de 2009.

Le rythme est plutôt lent - et il le reste pendant quasiment les 3/4 du film- mais Ti West semble réussir à maintenir un bon suspense. Tout va bien donc, jusque là. Mais il y a cette fin. Dénouement ultra-rapide pour le coup, presque bâclé, où notre héroïne se débarrasse des grands malades en deux coups de cuillère à pot. On aurait souhaité que la lutte dure un peu plus longtemps...
Mais enfin, de toute façon, c'est trop tard, le mal est déjà fait... ahahah