Starbuck : un super-mâle à Montréal






Comédie réalisée par le scénariste et humoriste québécois Ken Scott, Starbuck raconte l'histoire peu banale de David Wosniak, quadragénaire un peu paumé dont le sperme ultra-fertile, donné généreusement à la clinique du coin à la fin des années 80, lui vaut désormais d'être poursuivi par une centaine de jeunes, bien décidés à connaître l'identité de leur père biologique. Parallèlement, sa blonde lui annonce qu'elle est enceinte. La paternité est donc l'élément central du film, et c'est en fait ici un traitement efficace pour soigner les bévues d'un ado attardé, jusque-là peu enclin à supporter des responsabilités, aussi petites soient-elles - se charger d'apporter les maillots pour la photo annuelle du club de foot amateur du quartier est effectivement une mission perdue d'avance pour David Wosniak...

Starbuck est un film sympathique, pas poilant pour autant. Même l'accent québécois n'y change rien, c'est dire. Ici on sourit, on ne se marre pas. Et c'est dommage, car cela commençait plutôt bien. Mais la situation burlesque du début se trouve très vite relayée par de regrettables platitudes, dans un monde où finalement tout est propre, tout est beau, tout est net. Trop d'ailleurs, puisqu'on peine parfois à y croire. La fille junkie qui décroche du jour au lendemain, c'est un peu weird, comme dirait l'autre. A cela s'ajoutent plusieurs séquences musicales qui tirent en longueur et alourdissent le rythme du film. 
Bref, si le pitch était alléchant, Starbuck reste au final assez léger. Et on a un peu l'impression d'avoir été trompés sur la marchandise. C'est comme si l'on nous présentait un menu quatre étoiles pour ne nous servir au bout du compte qu'un jambon-frites... 

Ceci dit, le film connaît quand même son succès. Il a même réussi à remporter le prix spécial du jury au Festival International du film de Comédie de l'Alpe d'Huez en 2012. Et deux remakes du film ont déjà vu le jour : un remake américain, Delivery Man, comptant Vince Vaughn dans la peau de David, et un remake français Fonzy, sorti le 30 octobre 2013, et mettant en scène Jose Garcia.


Drive : un thriller poétique






Avec un générique porté par une musique des années 80 - qui colle finalement plutôt bien au film - , Nicolas Winding Refn sait déjà retenir l'attention de son spectateur. On se laisse de toute façon rapidement emporter par ce polar poétique. Qu'on se le dise : Drive est un beau film.
Tout -ou presque- est tourné de nuit. Le jeu sur les lumières (éclairages de la ville) et la vitesse (courses nocturnes en voiture) nous donne parfois l'impression d'être dans un demi-rêve. Ainsi, Drive pourrait rappeler les plans très esthétiques du réalisateur chinois Wong Kar-Wai, et notamment ceux de My Blueberry Nights. Tout comme le réalisateur asiatique, Nicolas Winding Refn use aussi sans complexe des ralentis. Et d'ailleurs, malgré les balades plutôt secouées en voiture, le rythme est assez lent.
Il y a peut-être quelques longueurs, mais celles-ci ne vont en tout cas pas jusqu'à nous ennuyer, c'est clair. Au moins, le réalisateur nous laisse vraiment le temps de contempler, d'apprécier les choses. Et cette nonchalance n'altère du reste en rien la tension de certaines scènes de ce thriller; je pense notamment à certains moments de la séquence d'ouverture du film. Et au contraire, elle semble même parfois la renforcer. 



Au-delà de la dimension esthétique, Drive raconte une histoire à laquelle on s'accroche jusqu'au bout. Tiré du roman éponyme de James Sallis, le film est sans doute une adaptation réussie. Drive dresse donc le portrait d'un jeune homme solitaire qui joue les cascadeurs le jour et les conducteurs de malfrats la nuit (il faut dire que le garçon est plutôt bon pilote). Le personnage, presque muet tant il est (paraît) calme et réservé, fait pourtant preuve d'une violence extrême lorsqu'il s'agit de protéger ceux qu'il aime. Le film n'est d'ailleurs pas avare d'hémoglobine... Dans la peau de ce "driver", Ryan Gosling est surprenant. Cela vient confirmer le talent de ce jeune acteur, à l'affiche également du dernier long de George Clooney, Les Marches du pouvoir, et que l'on retrouvera par ailleurs dans le prochain film de Terrence Malick. A ses côtés, l'actrice anglaise Carey Mulligan - notamment vue dans Une éducation- incarne sa "protégée". Les deux forment un duo timide et sensible, très attachant. Drive raconte donc aussi une belle rencontre. Pour continuer sur le casting, j'ai été ravie de retrouver Bryan Cranston, le Walter White de la série Breaking Bad que j'aime beaucoup. 
Bryan Cranston

Bref, un prix de la mise en scène à Cannes bien mérité, une belle démonstration d'art et de cinéma. Nicolas Winding Refn est un nom à retenir. Il avait déjà réalisé il y a quelques années Bronson et la saga des Pusher (qui sont, paraît-il, très bons), j'attends en tout cas avec impatience ses prochaines productions...


Fright Night






A voir la bande-annonce, on s'attend à un mauvais film d'horreur pour ado mettant en scène de jeunes benêts en chaleur pris dans une banale intrigue fantastique. D'autant plus que le film parle de vampires. Aïe. Un sujet à la mode dans un teen-movie américain, ça fait peut-être un peu beaucoup...
Mais finalement, c'est plutôt une bonne surprise. Le vampire en question est un grand méchant suceur de sang qui dévore, nuit après nuit, les habitants d'une petite ville isolée du désert de Mojave, non loin de Las Vegas.  Colin Farrell, qui campe notre vampire, est - comme toujours - incroyablement bon dans son rôle. Et le personnage fait froid dans le dos, malgré son physique de mi-jeune premier mi-bad boy, et son goût prononcé pour les granny smith...

Fright Night joue avec les codes bien connus du genre : un jeune homme un peu paumé, Charlie, qui a renoncé à ses habitudes geek et à son meilleur ami un peu désaxé (Christopher Mintz-Plasse, vu dans Superbad) pour pouvoir sortir avec la belle blonde du lycée, se voit devenir le héros d'une dangereuse et épique chasse aux monstres, combattant courageusement pour sauver sa dame (et sa peau). Les personnages ne jouissent pas d'une profondeur psychologique extrême, certes, mais on s'en contente ici largement.
En bref, Craig Gillespie nous sert là un bon divertissement qui mêle habilement et sans lourdeur, l'horreur et la comédie.
A noter que l'on retrouve également Toni Collette, la mère déjantée de Little Miss Sunshine, dans le rôle de la mère de Charlie.

Un petit mot sur "Young adult"







Young adult, réalisé par Jason Reitman (l'auteur de Thank you for smoking et de Juno) est une très bonne surprise.
Charlize Theron incarne ici une jeune femme solitaire un peu paumée, de retour dans sa ville natale pour reconquérir son premier amour, désormais marié et jeune papa. Le comportement carrément désagréable du personnage cache en fait un mal-être profond qui finit par nous toucher, indéniablement, et Charlize Theron nous montre encore une fois qu'elle est une grande actrice qui sait s'approprier ses personnages pour les (faire) vivre pleinement...

Un petit mot sur "Camille redouble"



Camille redouble, c'est l'histoire d'une quadra au fond du trou - actrice nanar, alcoolique et divorcée - miraculeusement propulsée un soir de réveillon au temps de son adolescence. La voilà donc de nouveau à vivre l'année de sa terminale, auprès de ses amies, de ses parents et de son futur ex-mari.

Réalisé par Noémie Lvovsky qui interprète elle-même le rôle titre, ce film est une réussite. Drôle, touchant, profond, Noémie Lvovsky nous livre ici une comédie dramatique très émouvante. Tirant d'ailleurs plus souvent sur le drame que sur la comédie, Camille redouble est un véritable hymne à l'amour, qui met en scène des personnages d'une grande tendresse. "Promettez-moi de ne jamais mourir", c'est la déclaration d'amour de Camille à ses parents, le jour de ses seize ans bis. Les parents de Camille, incarnés par Michel Vuillermoz et Yolande Moreau, qu'on sent très aimants, malgré leur difficulté à l'exprimer, sont du reste terriblement attachants.

Si le thème du retour dans le passé est assez classique, on ne se lasse pas pour autant du décor et de l'ambiance eighties, avec ses pulls à cols roulés, ses couleurs flashies et sa musique synthpop...
On note d'ailleurs une bande-son très sympa, à commencer par le morceau du générique de début signé Gaëtan Roussel, "Même tes chaussures vont plus vite que toi"

Coco Chanel (mini-série)






Mini-série en deux épisodes découverte sur Arte en ce lundi de Pâques, le biopic Coco Chanel de Christian Duguay est une réussite. 
La talentueuse modiste française est ici interprétée avec brio tantôt par Barbora Bobulova (Chanel jeune), tantôt par Shirley MacLaine (Chanel âgée) - laquelle fut d'ailleurs nominée à trois reprises pour ce rôle en 2008 (Screen Actors Guild Awards, Golden Globes, Emmy Awards). 

Shirley MacLaine - Coco Chanel

L'histoire s'ouvre sur la présentation d'une collection de Chanel au crépuscule de sa vie qui s'avère être un terrible fiasco. Après dix ans d'absence, la célèbre styliste a en effet du mal à retrouver son public. Mais loin d'être abattue par cet échec, Chanel se lance dans la composition de nouveaux modèles. La préparation de cette seconde collection est donc le fil conducteur des deux volets, même si de nombreux flashback - comme autant de souvenirs de jeunesse - sont régulièrement introduits dans la série, jusqu'à même parfois prendre le pas sur son temps présent.
Parmi ces souvenirs, l'entrée de Gabrielle Chanel à l'orphelinat suite au décès de sa mère, où elle passera toute son adolescence. Mais aussi; son premier emploi de couturière, ses premières amours, ses drames, ses premiers succès, son amitié avec sa tante Adrienne... 
Christian Duguay dépeint également cette grande dame à travers quelques anecdotes des plus touchantes : Coco aurait ainsi créé la petite robe noire suite au décès de Boy Capel, le grand amour de sa vie. La célèbre robe ne serait alors à l'origine rien d'autre qu'une tenue de deuil...
Au-delà des personnages et de la construction narrative, les décors et les costumes sont également très aboutis. Cette mini-série est un petit bijou, tout simplement. A voir absolument !

Un petit mot sur "Mademoiselle Chambon"





Mademoiselle Chambon, réalisé par Stéphane Brizé en 2009 (dont la filmographie   n'est d'ailleurs pas négligeable, avec pas moins de huit films en neuf ans), est, malgré son sujet ô combien banal (la rencontre amoureuse), un film singulier.Adapté du roman éponyme de Eric Holder, paru en 1996, Mademoiselle Chambon nous transporte dans un univers nonchalant, où l'action se fait presque aussi rare que les dialogues. Et pourtant, malgré ce rythme excessivement lent, on est loin de s'ennuyer.
Happée dans ce monde particulier, j'ai véritablement apprécié la délicatesse et la sincérité des personnages, portés par des acteurs de talent. Jean (Vincent Lindon) et Véronique Chambon (Sandrine Kiberlain) regorgent de sensibilité. Bref, on a l'impression qu'ils sont là, sous nous yeux, bien vivants. Elle, fine et fragile, comme le son de son violon, et lui, un peu bourru, pas très causant.
Mademoiselle Chambon raconte donc l'histoire de deux êtres qui se trouvent, tout simplement. Mais il ne s'agit ici que d'une rencontre, une histoire d'amour avortée... autant vous dire que Mademoiselle Chambon est bien loin d'être une comédie romantique...

20 ans d'écart : "25 siècles d'histoire des mœurs"






Après la réalisation de deux films d'horreur assez moyens - The Eye et Ils -, David Moreau nous offre, avec 20 ans d'écart, une comédie romantique plutôt réussie. 

Alice (Virgine Efira), bientôt quadra, ne vit que pour son travail. Sérieuse et grande bûcheuse, elle est donc a priori la candidate idéale pour le poste de rédactrice en chef du magazine "Rebelle" sur le point de se libérer. Mais cette image trop soignée n'est pas du goût de son supérieur, qui n'entend pas laisser sa place à la jeune femme si facilement. Car pour conduire une revue de mode, il faut au moins - AU MOINS - un brin d'excentrisme. Alice est trop "parfaite".  Et la concurrence, pour elle, est rude : la favorite est une collègue québécoise complètement déjantée, qui n'a que "cul" et "bat" à la bouche.
Afin de mettre un peu de piment dans ce profil trop lisse, Alice décide donc de feindre un flirt avec un jeune étudiant en école d'architecture, Balthazar (Pierre Niney), rencontré au retour de son voyage d'affaire au Brésil.  

Vivre une idylle avec un petit jeune de vingt ans son cadet, quand on est une femme et qu'on frôle la quarantaine, ce serait donc une action "rebelle", un peu folle? 
Effectivement, et le film nous le montre bien avec cette scène de sortie d'école, où Alice rejoint son ex-mari Julien, le père de sa fille Zoé, qui vient de frapper sa camarade de classe, parce que celle-ci lui faisait remarquer (en se moquant sans doute) que sa mère sortait avec un jeunot.
«Tu peux pas en vouloir à ta fille d'être impuissante face à 25 siècles d'histoire des mœurs.» lui dit Julien. Et ça, c'est seulement après avoir répondu à Alice, qui lui faisait remarquer que lui aussi, il vivait bien une histoire avec une minette de vingt-huit ans : "Je vois pas le rapport. Et puis, je veux dire, j'suis un mec quoi !"
Au-delà des codes du genre, le réalisateur pose donc la question de la différence d'âge au sein du couple: pas de problème pour la configuration minette - homme mûr bien sûr.
On le voit aussi avec le père de Balthazar (Charles Berling) qui, alors qu'il est en train d'emménager avec une ancienne camarade de son fils, et ce, sans que cela fasse l'objet d'une quelconque réflexion, se permet de surnommer la copine de son fils (Alice, donc)  "la périmée". Je sais que David Moreau ne souhaitait pas que son film se métamorphose en une grande oeuvre féministe, mais, sans aller jusque là, 20 ans d'écart aurait largement gagné en profondeur si le sujet avait été légèrement plus développé. 
Enfin, la peinture rapide des grandes rédactions de magazines de mode qui n'est pas sans rappeler Le Diable s'habille en Prada (David Frankel), verse peut-être un peu trop dans la caricature ou le cliché : toutes les revues de mode n'ont pas des patronnes ultra-autoritaires et condescendantes, tous les rédacteurs de mode ne sont pas gays, etc, etc.

En bref, 20 ans d'écart reste une comédie tout à fait appréciable, avec une histoire qui tient la route et de bons dialogues tenus par de bons acteurs. 

Un petit mot sur "The Outsiders"







Découvert sur Arte lors de sa diffusion dimanche dernier dans le cadre de son programme "Summer of rebels", The Outsiders est une sorte de remake de West Side Story, les chansons et la romance en moins - l'histoire d'amour à la Roméo & Juliette qui aurait pourtant fait le bonheur de nos adolescent(e)s (et pas que) est en effet complètement mise de côté - . Réalisé par Francis Ford Coppola au début des années 1980 (sortie du film en 83), The Outsiders explore donc le fameux thème des conflits de bandes. S'opposent ainsi le camp des "Socs", fils à papa aux chemises bien cintrées, à celui des Greasers, caïds des bas-quartiers et consommateurs compulsifs de gomina.
Loin d'être le meilleur film de Coppola, The Outsiders se laisse tout de même assez bien regarder. On note par ailleurs un rôle discret pour Tom Cruise, mais néanmoins remarquable :  il faut avouer que le personnage du benêt de première lui sied particulièrement bien... 

Prometheus : ratage réussi !






Dernière réalisation de Ridley Scott, Prometheus est plutôt décevant.

Si sur le plan visuel, tout est parfaitement maîtrisé - le réalisateur de Blade Runner donne à voir des décors splendides, des landes écossaises de l'Ile de Skye aux paysages arides et rocailleux de la Planète LV-426 -, le film se disperse dans de multiples sujets, posant beaucoup de questions, sans apporter vraiment de réponses. Rien de sensationnel par exemple sur la question des origines de l'homme - a priori centrale dans le film - : Prometheus livre bien l'identité d'un créateur, mais ne répond toujours pas au "pourquoi" (ni au "pour quoi" d'ailleurs). Pire, le créateur en question préfère finalement nous détruire (tout compte fait), et là encore, on ne sait pas pourquoi. A moins que l'homme n'ait été créé que pour être détruit. Une sorte de cobaye pour expérimenter une arme bactériologique, par exemple ?! La solution réside peut-être dans les 30 minutes de scènes coupées contenues dans le Blu-Ray du film, qui sait ...

On note que Prometheus comprend de nombreuses similitudes avec le Alien de 1979, du même réalisateur. Par exemple, le rôle de l'androïde dans chacun des films est plus ou moins le même :  c'est toujours un peu lui qui cause le boxon. Sauf que dans Alien, on sait pourquoi Ash agit dans "ce" sens. Il a des ordres, il est programmé pour. Mais dans Prometheus, encore une fois, on ne sait pas trop.  Curiosité malsaine, sadisme associé à un goût prononcé pour les expériences scientifiques ? Pour un robot, avouez que c'est un peu bizarre, non ?

Michael Fassbender, dans la peau de David, l'androïde de l'équipage

Par ailleurs, la scène d'ouverture reste pour moi un grand mystère. Alors, bien sûr, on peut faire certaines suppositions...  Et voilà le problème majeur d'un film au scénario trop peu solide : on ne peut faire au bout du compte que des hypothèses, et les questions restent toujours en suspens. Faut-il le cerveau d'un de ces "voyageurs" pour saisir ce film ?

A cela s'ajoutent quelques incohérences particulièrement agaçantes, comme l'histoire du géologue, qui trouve le moyen de se perdre lors de la première excursion sur la Planète LV-426, alors que :
1-  Il est censé être en charge de la reconnaissance de la topologie des lieux. C'est un gé-o-lo-gue, non?
2 - Il est également censé être en contact direct avec le pilote du vaisseau, qui a sous les yeux une super carte holographique de l'endroit, et sait exactement ce que voit le bonhomme via une vidéo retransmise sur un écran posté face à lui (et visiblement il n'est pas aveugle).

Et ne parlons pas de l'allure des personnages à bord du vaisseau, qui serait tout à fait raisonnable, si ceux-ci ne portaient pas des tongs en caoutchouc en guise de chaussures. Oui, oui, j'ai bien dit des tongs.

Enfin, hormis ces divagations narratives et ce petit problème de style vestimentaire, l'angoisse est toujours là. Je pense notamment à cette scène de tension extrême, où l'héroïne lutte pour s'arracher un foetus d'alien qui grossit à vue d'oeil dans son ventre et menace à tout moment de le faire exploser. 

En bref, Prometheus est une sorte d'Alien, en beaucoup, beaucoup, beaucoup... (10 puissance 1 000 000) moins bien. 

Un petit mot sur Cannes 2012

Mercredi dernier s'ouvrait la 65ème édition du Festival de Cannes, avec un discours sur le silence mené par  l'actrice fraîchement césarisée Bérénice Béjo, choisie pour animer la cérémonie. 





Parmi les vingt-deux films en compétition cette année,  les réalisations françaises De rouille et d'os, de Jacques Audiard, et Vous n'avez encore rien vu, d'Alain Resnais. Le premier film, présenté hier soir au Festival et également diffusé depuis ce jour dans nos salles, fait déjà beaucoup de bruit. Il s'agit d'une adaptation du recueil de nouvelles du Canadien Craig Davidson, Un goût de rouille et d'os. Le second, qui devrait sortir au mois de septembre, tourne autour de la pièce Eurydice de Jean Anouilh, à qui le réalisateur souhaitait rendre hommage. On compte aussi le film Amour réalisé par le cinéaste autrichien Michael Haneke. Celui-ci met en scène Emmanuelle Riva et Jean-Louis Trintignant dans la peau de Anne et Georges, un vieux couple d'octogénaires au bout de la vie.
Sélectionnées également pour la compétition 2012, et particulièrement attendues, les dernières réalisations de David Cronenberg et Walter Salles. Les deux réalisateurs présenteront respectivement Cosmopolis et Sur la Route, adaptations des romans éponymes de Don DeLillo et Jack Kerouac.





Black Mirror : un sombre reflet de notre société






Réalisé par Charlie Brooker, l'auteur de la mini-série Dead Set, Black Mirror jouit déjà d'un large succès (deux millions de téléspectateurs lors de la diffusion du premier épisode sur la chaine américaine 4 en novembre dernier). Pas étonnant, Black Mirror est tout simplement brillant (sans jeu de mots, s'il vous plaît).

Black Mirror livre en quelque sorte un tableau de notre société en trois parties ; en effet, la série ne comprend malheureusement que trois volets. Ces trois moyens métrages (d'une durée d'une heure environ pour chacun) plongent tour à tour le spectateur dans une réalité et un environnement distincts. Charlie Brooker s'amuse ici à explorer plusieurs genres (thriller, science-fiction, anticipation) pour nous livrer sa vision de la société. Plutôt "black" évidemment, la vision...
Dans le premier épisode, l'auteur s'attaque ainsi à l'ultra-médiatisation de notre société : la télévision, le web et ses réseaux sociaux, les téléphones portables, autant d'objets au service d'un voyeurisme pervers, diffusant dans un tourbillon incessant les images de faits plus sordides les uns que les autres.
Dans le second volet, Brooker imagine le futur d'une société de l'écran - ce fameux "Black Mirror" - où la population se divise en trois groupes.
Le premier groupe rassemble la majeure partie de la population : celle-ci, contrainte de vivre dans des villes-ouvrières gigantesques, travaille à produire de l'énergie (nourriture des écrans) en moulinant toute la journée sur un vélo d'intérieur posté face à un écran géant.
Daniel Kaluuya (vu dans Homeland) dans une des chambres de la "ville-ouvrière"

Le second  anime des émissions et programmes télévisés - du show pseudo-artistique à la pornographie. Dans ce monde contre-utopique, il ne semble pas y avoir beaucoup de possibilités : soit l'on est acteur de l'écran, soit l'on en est son spectateur. Et pour passer d'un "statut" à l'autre, il faut juste quelques millions de dollars, et l'approbation d'un jury de télé-réalité au paroxysme du sadisme et de la perversité.
Enfin, il y a les "gros", les véritables marginaux de la société, les exclus, les méprisés. Dans les villes-ouvrières, leur condition physique ne leur permettant pas de pédaler toute la journée comme les autres, ils doivent s'occuper du ménage des locaux.  "Dans l'écran", ils sont des cochons qu'on gave ou des cibles à abattre.
Mais le troisième volet reste mon préféré : l'histoire, centrée sur un couple de trentenaires, fait état de ce que serait notre vie (et notre relation avec l'autre) si l'on nous avait implanté, dès la naissance, une puce qui permet d'enregistrer tout ce que nous voyons et entendons. En gros, une mémoire exhaustive et sans défaut, un film (en caméra subjective) de notre propre vie, dont on peut, à tout moment, se repasser des extraits...

Bref, Black Mirror est à voir de toute urgence !

Tucker & Dale vs Evil : un weekend mouvementé !






On s'imagine bien que "Tucker & Dale vs Evil" (et rassurez-vous, le titre est pire encore en version française : "Tucker & Dale fightent le mal" ), ça ne va pas être le film du siècle. Ceci dit, cette comédie horrifique, première réalisation d'Eli Craig,  est finalement une très bonne surprise.
Dans la lignée des parodies d'horreurs (Zombieland, Le Bal des Vampires, Mars Attacks... pour ne citer que celles-ci), le réalisateur s'amuse à détourner les codes du cinéma d'épouvante. Et il le fait, je dois l'admettre, avec un talent certain.


Le film met donc en scène deux amis, Tucker et Dale, partis passer quelques jours de vacances en forêt dans l'ancienne maison d'un serial-killer, qu'ils ont achetée pour une poignée de cacahuètes. Par malchance, un groupe d'étudiants a également décidé de venir camper dans le coin... En effet, suite à un quiproquo malheureux, envenimé par l'imagination délirante des uns, et l'instinct meurtrier d'un autre -oui, quand même, on l'a, notre vrai psychopathe-, les deux amis se retrouvent rapidement pris pour cible par nos jeunes campeurs. 

Le mélange horreur-comique fonctionne encore une fois très bien. Le film est bien rythmé, l'histoire bien écrite - pas de suspense à gogo, mais des personnages accrocheurs et qui tiennent la route - et le gore, évidemment surdosé, ajoute à l'extravagance de la situation. A voir !

Les Infidèles : variations sur l'infidélité masculine





Vendredi dernier, j'ai pu assister à l'avant-première des Infidèles au CGR de Lattes en présence de Gilles Lellouche (acteur et réalisateur), Guillaume Lacroix (producteur) et Alexandre Courtès (réalisateur). Jean Dujardin, retenu aux Etats-Unis pour le Saturday Night Show, n'a pu que nous saluer par téléphone. 
Bien sûr, la salle était un peu déçue de ne pas pouvoir rencontrer l'homme dont on parle depuis des semaines à la télévision et dans les journaux, en compétition pour tous les grands prix du monde du cinéma (Oscar, César...) et déjà récompensé une fois par les Etats-Unis (Golden Globe du meilleur acteur pour The Artist) ainsi que par nos amis british (sacré meilleur acteur aux Bafta Awards). Mais enfin, malgré cette absence, la rencontre est restée très agréable. Gilles Lellouche nous a présenté en quelques mots cette série de sept courts-métrages sur l'infidélité masculine : "une comédie pour adultes", parfois pas si drôle que ça d'ailleurs... On note effectivement deux courts-métrages particulièrement sombres et pathétiques ; je pense plus précisément au tableau de ce couple parfait subitement perdu par une révélation, qui nous arracherait presque une larme. Le court en question est mené avec brio par Alexandra Lamy et Jean Dujardin.


En bref, c'est une très bonne surprise que je recommande vivement. On pourra d'ailleurs retrouver ces fameux infidèles dans les salles à partir de mercredi prochain. En attendant, retrouvez quelques extraits du film ainsi que l'interview de Gilles Lellouche à Montpellier dans la vidéo ci-dessous :


La Conquête







La Conquête, ou l'histoire d'un homme sans conviction aucune dont le seul objectif est d'accéder à l'Elysée.

Le film de Xavier Durringer (2011) retrace donc la montée de Sarkozy au pouvoir, aux côtés de Cécilia, depuis son poste de Ministre de l'Intérieur sous Chirac à sa victoire aux présidentielles en 2007, en passant par sa nomination à la tête du parti de l'UMP ... d'ailleurs grandement soutenue par Bernadette Chirac - c'est du moins ce qui est mis en évidence dans le film - (Et je félicite au passage celui ou celle qui s'est occupé(e) du brushing de Michèle Moretti )



En cherchant à imiter au maximum les personnalités politiques qu'ils incarnent, les acteurs ne sont parfois pas bien loin de faire sombrer le film dans la caricature. Et c'est le problème majeur de La Conquête ; les personnages sont ainsi singés, plus que copiés. Au milieu de cette panoplie de marionnettes, Denis Podalydès, fort heureusement, ne s'en sort pas trop mal. Il faut dire que le personnage qu'il campe, le (futur) Président de la République, est à lui seul, déjà, une (sorte de) caricature. Il faut donc admettre ici une assez bonne performance, qui marque d'ailleurs l'intérêt principal du film. Son interprétation reflète sans doute un énorme travail d'écoute et de répétition pour trouver et retransmettre le bon ton, le bon débit de parole, les bons gestes, tics de langage, etc, de Sarkozy. La ressemblance est d'ailleurs parfois troublante.
Quant aux scènes purement inventées, à savoir, par exemple, celles censées représenter des bribes de la vie intime de Sarkozy (les coups de fil à Cécilia pour "rattraper" son coup de gueule de la veille, les disputes à la maison, etc), eh bien, pour le coup, on n'y croit pas du tout. L'entremêlement de la reconstitution de faits (Podalydès reprend donc les discours officiels de Sarkozy à la respiration près) et de la fiction ne réussit pas ici, c'est certain.  Et le film, souvent, ennuie.

Mais il faut reconnaître que raconter l'accès au pouvoir d'un Président toujours en fonction n'est pas un exercice facile. Manque de recul, auto-censure, peut-être ? On aurait souhaité que Durringer se mouille un peu plus pour nous offrir une vision plus originale, plus "dynamique", plus piquante ... de cette ascension.
On notera tout de même un léger effort sur certaines répliques (gentiment) crues, la meilleure restant peut-être : "Je vais le niquer ce gros con" (Sarkozy à Cécilia, au sujet de Chirac).

Long live Homeland !






Parmi les dernières sorties "séries TV", il faut compter Homeland, diffusée depuis le 2 octobre dernier sur les chaînes américaines. Une première saison en douze épisodes qui connaît déjà un franc succès, et qui fera sans doute partie du programme de Canal + l'année prochaine, la chaîne française en ayant fait récemment l'acquisition.

Carrie avec son collègue et son soutien, Saul.

La série, créée par un des scénaristes de X-Files, Alex Gansa, ainsi que par Howard Gordon, notamment connu pour avoir travaillé sur de nombreuses séries à succès telles que Angel ou 24 heures Chrono, met en scène Claire Danes - la Juliette du film de Baz Luhrmann (1996) - et l'acteur britannique Damian Lewis, dans la peau des deux personnages principaux. La première incarne une jeune agent de la CIA, Carrie Mathison (et non Carrie Anderson comme on peut le trouver parfois...), aussi accro à son boulot qu'à ses neuroleptiques qu'elle prend depuis des années pour surmonter ses angoisses et autres psychoses, et persuadée que le second, le Sergent Nicholas Brody, un soldat retrouvé après huit ans de disparition en Irak, est passé sous les ordres d'un certain Abu Nazir, préparant une nouvelle attaque terroriste sur le sol américain.
Sous ses airs un peu simplistes, Homeland  recèle en fait d'excellentes idées qui réussissent à tenir le spectateur en haleine. En bref, Homeland est donc un très bon thriller psychologique, plein de suspense et de bonnes surprises...

Voilà donc,  après Breaking Bad, mon deuxième gros coup de coeur de l'année. Long live Homeland !

Une rencontre autour du cinéma avec Marjane Satrapi & Thierry Frémaux




Le samedi 26 novembre 2011 se tenait à Lyon le fameux Forum Libération : des débats ouverts au public autour de sujets variés (la transition énergétique, les inégalités sociales, etc), l'occasion d'échanger avec des personnalités diverses (du PDG de Total, Christophe De Margerie, à François Hollande, en passant par José Bové et Pierre Rosanvallon, historien et professeur au collège de France).

Mais cet après-midi du 26, entre 16h30 et 18h00, quelques personnalités attachées à cet art que nous aimons tant, se réunissaient dans la salle Henri IV de l'Hôtel de Ville pour discuter de "films d'un autre temps", de "producteurs comme 'réalisateurs ratés' ", et de bien d'autres choses encore... Ainsi, le sujet originel du débat, "Fiction et réalité, quelles frontières?", jugé d'ailleurs bien trop stéréotypé par la journaliste de Libération Béatrice Vallaeys qui animait la rencontre, n'était qu'un prétexte pour une longue discussion entre cinéphiles (bien) avertis ! 

D'un côté nous avions Thierry Frémaux, Directeur de l'Institut Lumière et Délégué Général du Festival de Cannes ; de l'autre se tenait la Franco-Iranienne Marjane Satrapi, dont l'actualité tournait autour de la sortie de son Poulet aux Prunes, adaptation cinématographique d'un de ses albums dessinés, dans la lignée de Persepolis, également porté à l'écran un peu auparavant (2007). Cette série de bandes dessinées d'autofiction  - Satrapi ne les pense pas comme des autobiographies - a d'ailleurs connu un large succès en France.

Persepolis 

Cette rencontre a donc été l'occasion pour la jeune artiste d'évoquer plusieurs fois son dernier tournage très cosmopolite. En effet, Poulet aux Prunes met en scène des acteurs français, portugais et italiens dans le cadre d'un "Téhéran rêvé où l'on fume de l'opium". Il n'y a en fait pas vraiment de recherche de réalisme dans cette réalisation. Marjane Satrapi a d'ailleurs choisi l'acteur français Mathieu Amalric pour interpréter son personnage principal. En outre, le film s'est tourné en Allemagne, intégralement en studio. Bref, une oeuvre tout à fait au-delà des frontières.

La rencontre était également l'occasion de faire l'éloge de certains films étrangers : la réalisation iranienne Une Séparation est, d'après Marjane Satrapi, un film très moderne, qui a su ramener de "l'Iran urbain" au cinéma, et dépasser les clichés.
Frémaux a indiqué que la réalisation du turc Nuri Bilge Ceylan, Il était une fois en Anatolie, était un "film formidable", avant d'ajouter "bien qu'un peu chiant parfois", et de conclure ainsi : "Les films d'auteur ont inventé les films bons et chiants !". 

Selon Frémaux, l'audace, au cinéma, est de renouveler des "choses" un peu connues ; il aime prendre pour exemple les œuvres de Quentin Tarantino aux multiples références, fruits d'un cinéphile fanatique. Pour lui, Tarantino est d'ailleurs l'exception américaine. En effet, d'après le délégué général du Festival de Cannes (chargé - faut-il le rappeler - de la sélection des films en compétition), "les américains ne savent plus faire du cinéma pour adultes ; ils ne font que des films pour adolescents". Une remarque assurément rude et provocatrice, néanmoins appuyée par Satrapi, pour qui  "Avatar est vraiment mauvais".

Bref, un instant riche d'informations de toutes sortes autour de cette "drogue dure" qu'est le cinéma (comme je te comprends, Marjane !), mais malheureusement, sans réel débat, à l'inverse de ce qui avait été annoncé.



Devil : tout est dans le titre






Un film d'horreur, ça ?! Un film HORRIBLE, oui. 

John Erick Dowdle n'a définitivement pas réussi à me convaincre. Les personnages sont fades, l'atmosphère peu prenante. Le spectateur est sans cesse contraint de naviguer entre deux espaces : celui des témoins du crime (agents de sécurité, inspecteur de police, etc) et celui des victimes mêmes du crime, à savoir, un certain ascenseur 6 bloqué au 6e étage d'un grand building de Philadelphie (oh, comme c'est étrange, que des "6"... à noter d'ailleurs que, 5 personnes + le diable = 6 également. Bien, on arrive à notre fameux 666).



En outre, étant donné qu'on ne nous révèle l'identité du "diable" qu'à la fin (encore heureux, vous me direz) et qu'on ne sait donc pas qui est le véritable coupable, on ne peut s'identifier à aucun des personnages de l'ascenseur. Et les personnages censés jouer les "témoins" n'ont pas assez de profondeur pour que l'on puisse s'y identifier à un quelconque moment. Pas d'identification, une raison de plus pour que cela ne prenne pas. C'est bien simple : on ne ressent rien. Le film est donc plutôt ennuyeux, pour ne pas dire autre chose...

Les "crimes" se succèdent, sans grand étonnement - c'est le principe, expliqué dès le début du film -, la seule intrigue tournant autour de l'identité du diable : qui est-il ? quel corps a-t-il choisi pour opérer ? etc. Bien sûr, c'est celui auquel on s'attend le moins, et le spectateur "doit" ainsi suspecter tous les personnages, tour à tour. 

Pourtant, avec un générique en caméra inversée, le film partait plutôt bien. D'autant plus qu'il était bien indiqué : "d'après une idée originale de M. Night Shyamalan"... Oui, enfin,  il aurait peut-être fallu que celui-ci le réalise (ou du moins, le scénarise - il faut savoir effectivement, que le scénariste de Devil, Brian Nelson, est également le scénariste de la saison 4 de Loïs & Clark, ce qui n'est pas vraiment la saison la plus palpitante de la série) pour que l'on nous serve quelque chose de réellement intéressant.
Mais bon, un point positif pour terminer quand même : Devil a l'avantage d'être assez court ;  il ne dure seulement qu'une heure vingt. Oui, oui, 1h20.

Ah, j'oubliais : le film compte un narrateur, mais un narrateur inconnu. Il y a aussi un certain Ramirez, un mexicain très croyant - je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il y a très souvent un mexicain très croyant qui s'appelle Ramirez dans les films américains- face à un flic incrédule qu'il faut donc tenter de convaincre...

Un petit mot sur "Contagion"






En bref, le film de Steven Soderbergh (réalisateur entre autres choses de Traffic, Ocean's Twelve ou plus récemment des deux volets du Che, mettant en scène Benicio del Toro) est plutôt décevant. Pas mal de longueurs, beaucoup de fils narratifs qui n'aboutissent pas - eh non, on ne peut pas faire mourir tout le monde de cet étrange virus qui mêle l'ADN d'une chauve-souris à celui d'un cochon ! -, des figurants, plus que des acteurs (Marion Cotillard, que l'on aperçoit trois ou quatre fois dans le film, en est un bon exemple), (la) Contagion ne prend pas. Si Soderbergh soulève des questions intéressantes et plutôt d'actualité (course aux vaccins, question des "premiers servis", enjeux politiques, profits des labo, etc), il ne s'engage pas pour autant. En effet, à aucun moment, il ne prend position. Enfin, il est clair que ce n'est pas son intention ; et je dois admettre que j'ai bien payé pour un film catastrophe, pas pour un documentaire politique à la Michael Moore.
Soderbergh préfère donc nous servir un film factuel froid et distant. En outre, du fait de son éparpillement (multiplicité des fils narratifs et des acteurs), celui-ci laisse le spectateur bien loin des émotions des personnages, négligeant ainsi la dimension dramatique du film, qui lui aurait peut-être justement permis de gagner un peu en profondeur. 


Stephen King au cinéma : Misery & Dolores Claiborne





  • Misery de Rob Reiner (sorti au cinéma en 1990) a valu à l'actrice principale, Kathy Bates, l'oscar de la meilleure actrice. 


Misery met en scène un écrivain à succès, Paul Sheldon (brillamment interprété par James Caan - aperçu notamment dans le Dogville de Lars Von Trier-), qui, suite à un accident de voiture, est sauvé par l'une de ses plus ferventes admiratrices (mais aussi certainement l'une de ses plus dangereuses!), Annie Wilkes. Infirmière à la retraite, Annie (Kathy Bates) décide de ramener notre homme chez elle et d'aménager l'une de ses pièces en chambre d'hôpital... Cloué au lit, les jambes et les côtes cassées, le romancier devient donc le prisonnier de sa "plus fervente admiratrice", ainsi que la proie de ses accès de fureur et de ses crises de folie, la chambre "d'hôpital" se transformant de cette façon rapidement en salle de tortures, tant physiques que psychologiques...

Rob Reiner réalise ainsi un film d'épouvante digne des Hitchcock que nous connaissons :  le spectateur se retrouve véritablement confronté aux angoisses de la victime, à laquelle il s'est parfaitement bien identifié. Nous sommes donc plongés dans un environnement oppressant, où nous suivons, petit à petit, le combat de Paul Sheldon pour sa survie. Le suspense est là : la situation est instable pendant presque toute la durée du film, et jusqu'aux derniers instants, on ne sait pas, qui d'Annie, ou de Sheldon, va l'emporter. (A moins d'avoir déjà lu le roman de Stephen King, mais cela n'empêche pas de voir le film non plus ! L'atmosphère est sans aucun doute toujours aussi prenante...)





  • Dolores Claiborne de Taylor Hackford (réalisateur du biopic Ray), sorti au cinéma en 1995, avec Kathy Bates dans le rôle de Dolores.
Alors que Dolores Claiborne est accusée d'avoir tué sa patronne -Vera Donovan- elle doit également faire face à la venue de sa fille, Selena, qu'elle n'a pas vu depuis quinze ans, et qui la croît également coupable de la mort de son père. Une situation qui permet de faire resurgir de nombreux souvenirs, et de révéler le portrait de la mystérieuse Dolores Claiborne, au passé particulièrement sombre et douloureux. 
Toujours aussi absorbant, le film est également très émouvant. A voir !